• Tiré par une auto, un chien se blesse

     

    PIED DU JURA | Parce que le chien était jugé trop sale pour remonter en voiture après la promenade, son maître l’attache avec une corde au coffre du véhicule.

    L’animal est blessé, la SVPA et les vétérinaires s’insurgent.

    Promener son chien assis dans sa voiture est une pratique à proscrire, même lorsque le véhicule roule au pas, car non seulement le chien peut se sentir abandonné, mais il court aussi des risques pour sa santé.

     

    Les vétérinaires du cabinet du Châtelard, à Bière, ont été choqués, il y a une dizaine de jours, lorsqu’une dame et l’un de ses amis sont arrivés avec leur chienne aux pattes ensanglantées. L’ami de la propriétaire, qui était allé balader le canidé, avait eu la lumineuse idée d’attacher l’animal au bout d’une longue corde fixée au coffre de la voiture pour le retour.

    Motif présumé: le chien, un golden retriever, était très crotté.

    La scène s'est déroulée sur un chemin de campagne où se trouvaient deux promeneuses qui en ont été les témoins. L’une d’elles raconte: «La voiture n’allait pas très vite, mais le chien, probablement fatigué de la promenade, ne suivait pas. Il tombait, se relevait, retombait, etc. Ses pattes étaient blessées, il y avait du sang sur la route. Lorsque nous avons vu cela, nous avons arrêté la voiture. Le conducteur s’est excusé tout de suite, c’est pourquoi je n’ai pas porté plainte.»

    Contactée hier, la personne qui a tiré le chien n’a pas voulu donner d’explications. Selon elle, les voisins qui ont eu vent de l’affaire et prévenu 24 heures ne font qu’amplifier une peccadille.

    Lettre d’excuses
    Pourtant, ce monsieur a écrit une lettre d’excuse circonstanciée aux vétérinaires du Châtelard: «Bien sûr que lorsqu’ils sont arrivés, nous leur avons asséné une belle brossée, raconte le vétérinaire Jacques Perrin. Mais la lettre envoyée plus tard témoigne d’un repentir authentique et sincère. Ces gens sont aujourd’hui effondrés.» C’est la raison pour laquelle le cabinet n’a pas, lui non plus, déposé de plainte.

    Par chance, la chienne se remet bien de ses blessures: «Je l’ai vue vendredi dernier et elle guérit», poursuit Jacques Perrin. Cependant, l’affaire ne s’arrêtera pas là. Contactée par un voisin tout récemment, la SVPA (Société vaudoise pour la protection des animaux) va réagir. «Ce qu’a fait ce monsieur est strictement interdit par la loi, s’insurge Michel Christin, inspecteur à la SVPA. Je n’ai jamais entendu pareille histoire et je vais demander un rapport au vétérinaire!»
     


     

    Quand Médor court derrière l’auto

    Cette malheureuse affaire rappelle la pratique, assez connue, de la promenade du chien confortablement assis dans sa voiture. Est-ce légal?

    La loi cantonale sur la police des chiens stipule que le détenteur de l’animal doit «être en mesure de le maîtriser à tout moment par un moyen sonore ou par le geste». Or celui qui file dans son véhicule sur les petites routes suivi par Médor n’a pas de contact avec ce dernier; à moins que le chien coure à côté de la voiture, que le conducteur maintienne sa vitre baissée et qu’une communication soit encore possible. En matière de protection des animaux, la pratique est condamnable, selon Michel Christin, inspecteur de la SVPA: «D’une part, le chien peut se sentir abandonné, d’autre part, il n’a pas, comme les humains qui ressentent un point, de signal corporel lui indiquant qu’il ne peut plus courir. Il risque donc l’arrêt cardiaque.»

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :